Le collège qui
accueille tous les élèves dans le cadre de
la scolarité obligatoire au sein d'une seule
et même structure a vu son public se
modifier : celui-ci se caractérise par une
hétérogénéité des motivations et des niveaux
plus grande que par le passé.
Progressivement, se sont donc mises en place
des pédagogies appropriées à ces situations
nouvelles. Des collèges de plus en plus
nombreux ont cherché non seulement à
mieux faire adhérer les élèves au travail
qu’on leur demande, mais aussi à davantage
les considérer dans leur diversité.
C'est dans cette recherche de pratiques
différentes que trouvent place les
itinéraires de découverte (IDD). Ils
constituent une réponse à la nécessaire
diversification des modalités
d'apprentissage.
L'annexe à la
circulaire n°2002-074 du 10-4-2002
relative à la mise en oeuvre des itinéraires
de découverte à la rentrée 2002 présente les
objectifs et les caractéristiques
essentielles de ce dispositif, ainsi que des
propositions pour la conception des projets,
l'élaboration et la mise en oeuvre des
actions. Depuis la rentrée 2002, les
itinéraires de découverte concernent les
classes de cinquième et depuis la
rentrée 2003 les classes de
quatrième.
La
circulaire n°2003-050 du 28-3-2003
introduit une certaine souplesse dans la
mise en œuvre des itinéraires de découverte,
en particulier pour les élèves en grande
difficulté.
Continuité et originalité
Les itinéraires
de découverte se situent à la fois dans la
continuité d'autres dispositifs mis
en œuvre depuis quelques années et dans une
certaine originalité que souligne la
nouvelle terminologie retenue pour les
désigner.
Les itinéraires
de découverte sont inscrits dans la
continuité pédagogique des
parcours diversifiés (61,80 ko)
proposés, au moment de leur création, aux
élèves du cycle central, et des
travaux croisés qui ne concernaient que
ceux de quatrième. Destinés aux deux
niveaux du cycle central, les
itinéraires de découverte permettent de
renforcer la cohérence pédagogique pour ce
cycle, du fait notamment du caractère
interdisciplinaire des pratiques.
Au cours de ces
dernières années, des collèges ont proposé à
leurs élèves des démarches originales
d'interdisciplinarité. Des pages relatives à
ces démarches sont consultables sur
ÉduSCOL sous la rubrique
Innovation
. L'expérience acquise par ces
équipes est précieuse car les actions
réalisées constituent un point d'appui, une
référence intéressante pour nourrir la
préparation des projets construits en tenant
compte de la spécificité des IDD. Les
équipes pédagogiques sont également invitées
à consulter les sites des
académies qui proposent nombre
d'exemples.
Les itinéraires
de découverte sont par ailleurs clairement
fondés sur des principes voisins des
travaux personnels encadrés et des
projets pluridisciplinaires à caractère
professionnel des lycées et des lycées
professionnels. Une présentation de ces
dispositifs est disponible sur ÉduSCOL
sous la rubrique
Lycée.
Les caractéristiques des itinéraires de
découverte
La spécificité
des itinéraires de découverte tient dans
leur définition comme un temps
d'enseignement obligatoire qui vise à
une meilleure appropriation des
programmes en favorisant une
implication plus grande des élèves grâce
aux choix qui leur sont proposés, et
au développement de stratégies pédagogiques
plus efficaces comme l'apprentissage de
l'autonomie. Ils s'appuient sur des
contenus d'enseignement clairement
ancrés sur les programmes du cycle central,
lesquels s'inscrivent dans quatre
grands domaines thématiques qui
permettent d'organiser la démarche
interdisciplinaire.
Les
contenus d'enseignement
Obligatoirement
ancrés sur les programmes du cycle
central, les itinéraires de découverte
évitent ainsi toute dérive vers un travail
qui n'aurait pas pour finalité explicite des
apprentissages scolaires.
Les objectifs des actions préparées dans le
cadre de ce temps d'enseignement doivent
donc clairement définir des savoirs et
des compétences à acquérir, identifiés à
partir d'une lecture croisée des programmes
et déclinés ensuite en sujets d'étude.
Les itinéraires de découverte ont vocation à
mobiliser deux disciplines de référence,
auxquelles une autre pourra
éventuellement être associée en vue
d’apporter une contribution à la réalisation
du projet. Ces deux disciplines participent
de façon complémentaire et équilibrée à
l'élaboration et à la conduite du projet.
Les
domaines thématiques et
l'interdisciplinarité
Quatre
domaines sont proposés :
-
La
nature et le corps humain,
-
Les arts
et les humanités,
-
Les
langues et les civilisations,
-
La
création et les techniques.
Ces domaines
impliquent toutes les disciplines et
leur assurent une représentation équilibrée
dans les différents projets que propose
chaque établissement. Les équipes
pédagogiques auront à vérifier que les
thèmes qu'elles proposent s'inscrivent bien
dans les différentes dominantes artistique,
culturelle, scientifique et technique.
L’élève doit en effet disposer du plus
grande nombre possible d'opportunités pour
tester ses goûts et ses aptitudes et pour
exercer au mieux sa liberté de choisir.
Les domaines thématiques ne doivent donc pas
être lus comme de simples regroupements
disciplinaires. Ils sont utiles pour
rapprocher les différents programmes du
cycle central et permettent ainsi
d'organiser la démarche interdisciplinaire.
L’interdisciplinarité est une autre
manière de parcourir les programmes. Elle
met en évidence et permet de développer les
compétences transversales à faire acquérir
aux élèves. La démarche interdisciplinaire
se distingue de la simple juxtaposition de
disciplines, laquelle aboutit le plus
souvent à l’instrumentalisation
préjudiciable de certaines d’entre elles et
empêche la vision transversale des savoirs
et savoir-faire. En faisant découvrir aux
élèves qu’il peuvent convoquer des
connaissances et des compétences acquises
dans d’autres heures de cours pour mener à
bien leur travail, les démarches
interdisciplinaires redonnent sens et
cohérence aux apprentissages, elles
peuvent ainsi renforcer le désir
d’apprendre, d'approfondir, et donc
remobiliser fortement les élèves.
Les
principes de l'évaluation
L'évaluation
des itinéraires de découverte doit tout
d'abord être formative, c'est-à-dire
au service de l'élève, pour l'aider à
progresser. Ainsi, on s'assurera au fur et à
mesure du déroulement des séances de
l'acquisition de savoirs et de compétences
et de leur transfert dans les champs
disciplinaires qu'impliquent les projets.
Progressive et continue, elle s'appuie
sur les tâtonnements de l'élève, ses
erreurs, ses réussites pour organiser des
temps de régulation ou de réorientation de
l'activité pouvant être conçus comme une
aide individualisée. Motivante, elle
mesure les progrès accomplis par chaque
élève et pas seulement le résultat obtenu.
Les élèves acquièrent des connaissances et
ces compétences en terme de disciplines
grâce à l'ancrage dans les programmes ;
l'évaluation peut, dans cette mesure, être
sommative.
La production finale revêt un
caractère modeste, mais cependant
indispensable. En tant qu'aboutissement de
l'ensemble du projet, il convient de
l'évaluer.
Cette évaluation, quelle qu'en soit la
forme, peut figurer dans les bulletins
trimestriels des classes de cinquième et
de quatrième.
L'expérience du choix et la préparation
à l'orientation
Chaque élève
peut opter pour l'itinéraire de son choix,
dans le domaine qu'il aura lui-même retenu,
sa seule obligation étant de s'initier à
deux domaines sur l'ensemble du cycle
central.
Les opportunités ainsi offertes à l’élève de
choisir entre les différents domaines
proposés lui permettent de développer son
intérêt, de tester ses aptitudes et sa
motivation à certains apprentissages ;
elles contribuent à stimuler le plaisir
d’apprendre et l’intérêt pour le travail
scolaire. Elles l'engagent à prendre une
part de responsabilités dans sa propre
formation, car si l’expérience concrète
du choix permet bien l’expression d’une
préférence, elle oblige aussi à en assumer
les conséquences.
Il ne s’agit cependant pas d’inscrire
prématurément l’orientation parmi les
objectifs des itinéraires, mais de
développer une éducation à l’orientation,
dépourvue de toute volonté de
prédétermination dans ce domaine. Cette
sensibilisation pourrait conduire l’élève,
mieux informé, à formuler des choix plus
éclairés, par exemple lorsqu'il pourrait
avoir à choisir certains enseignements.
En outre, les itinéraires de découverte
constituent un moyen de révéler aux équipes
pédagogiques, mais également à l'élève
lui-même, des capacités, des aptitudes
jusqu'alors passées inaperçues.
L'apprentissage de l'autonomie
La démarche
de projet, dans laquelle doivent
s'inscrire les itinéraires de découverte,
offre aux élèves qui s'y engagent la
vision globale et cohérente de l’action,
en même temps que l'obligation de travailler
seuls ou en petits groupes. Liant de façon
lisible les objectifs, les compétences
visées et leur évaluation, les itinéraires
de découverte offrent le cadre concret
adéquat pour de premiers apprentissages de
l’autonomie.
Bien sûr, pour des élèves de cet âge, il
s'agira d'une expérience guidée de
l'autonomie, le professeur intervenant de
façon constante pour que les tâtonnements,
les erreurs, les analyses critiques et les
redémarrages soient possibles.
La production finale est
importante : quelque forme qu'elle prenne,
elle est obligatoire et donne son sens à la
démarche. Ce qui est produit se doit d'être
modeste, réalisable et pertinent au regard
de la logique d'ensemble de l'IDD. La
réalisation permet entre autre
l'appropriation des méthodes de recherche
documentaire. Elle contribue aussi à
l'acquisition progressive d'autres
compétences propres à l'autonomie : prise
d'initiatives, pertinence de l'aide
demandée, gestion du temps, persévérance,
capacité à choisir, prise de parole en
public… Elle permet également aux élèves
de se confronter à l'objectif à atteindre,
de s'en donner les moyens et ce faisant
d'analyser leurs points forts et points
faibles face aux difficultés rencontrées.
Mise en œuvre des itinéraires de
découverte et questions de
responsabilité
Mise en œuvre
La place des
itinéraires de découverte dans l’emploi du
temps se définit en fonction des priorités
pédagogiques, des caractéristiques de
l’établissement et de son environnement.
Toutefois, quel que soit le contexte
particulier de chaque établissement, il
convient de faire en sorte d'offrir des
itinéraires dans les quatre domaines,
d’aménager pour les élèves une réelle
possibilité de choix et de permettre une
gestion harmonieuse du dispositif sur
l’ensemble des deux années.
Les itinéraires
de découverte sont inscrits à l'emploi du
temps des élèves àraison de deux
heures hebdomadaires - soit 72 heures
par division - sur l'ensemble du cycle
central. Ils s'ajoutent aux enseignements
obligatoires, permettant aux disciplines
d'accroître leur horaire.
Chaque collège doit offrir un ou
plusieurs itinéraires de découverte dans
chacun des quatre domaines, sur
l’ensemble des deux années. Les
établissements qui, compte tenu par exemple
de leur faible effectif d’élèves,
rencontrent des difficultés particulières
pour se conformer à cette exigence, pourront
organiser des collaborations avec d’autres
collèges de proximité.
Dans certaines
situations et pour des élèves en grande
difficulté, la circulaire de rentrée 2003
prévoit que les moyens dévolus aux IDD
puissent être utilisés pour une aide
individualisée.
Questions de responsabilité
Des précisions
sur la responsabilité des équipes mettant en
œuvre des itinéraires de découverte sont
apportées par la
circulaire n°2002-160 du 2-8-2002.